18 juin 2007

Eveil


Les rêves contentent le spectacle des morts.


   La colonie céleste commence à se pâmer, pâtes sucrées qui anniment le ciel pour l'étendre dans un
infini murmure. Ruelles plongées dans l'immortel sommeil, veillé par les pâles lueurs des réverbères.
Je crois que l'astre de plomb sourit, grisé par la magie de Morphée.
   Coryphée, exquis, entrelace le chant des morts, de sa danse éreintée, extase démence. Enflamme
le parvis de ses souliers usés par le temps, l'acool salé monte aux yeux et scintillent, emportent
les plus malheureux au pays des merveilles et épice la rue embrumée.
   Entre en chemin un curieux manège, aux chevaux de bois, sonore un chant funeste, entraîne
foire et foule, puissance galactique. Fanfarons déambulent, sous la symphonie qui retentit en écho sur
les toits rougis des maisons, l'éclat des couleurs embrasent les visages curieux. La folie des
voyageurs s'entassent contre les fenêtres brisées, mêlée aux puissant cris des enfants réveillés,
courant sur les traces des chevaux.
   Morphée ouvre un oeil égaré, flotte sur un nuage filandreux et poudre les étoiles, renversé par le
tumulte de la ville. Frayeur délicieuse, devant cet effroyable spectacle. Requiem d'une musique, effleure
en picotements son visage de marbre, se mêle trouble et douleur. Son monde anesthésié par le sablier
du temps s'annime comme un pantin de bois.
   Danseur paralytique, s'achève en arabesque maladroit, il se fige, la lune surplombe la terre de sa
grosseur splendide. Elle scintille de toute part, ses rayons argentés viennent carresser les corps frêles,
martyrisés comme des milliers d'aiguilles. Maître des songes, vengeur, métamorphose l'enveloppe
charnelle en cristal, noir de ses yeux. Le monde se voit, peu à peu, parsemé de sucre glace, fragilisé par
la magie et le sourire des hommes. A jamais emportés dans les abîmes, des rêves sans frontières.
  Fureur de Morphée, à jamais irréversible, les hommes ne s'éveillerons plus, perdus dans une pesante
froideur, figés par le pouvoir du temps, une enveloppe indestructible.
Ils ne s'eveillerons plus, la lune larme, elle ne les verras plus danser, alors elle chante, eurythimie
qui ne finira jamais.

Posté par Antre des songes à 19:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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